Contexte de la démarche

Natura 2000 : contexte de la démarche

Publié le 12 janvier 2010, mise à jour le 13 janvier 2010
par Sophie Lecerf

Les océans, berceaux de la vie

Les études scientifiques les plus récentes sur la mer ont révélé que 99% des espèces marines ne sont pas encore connues. Les scientifiques sont désormais convaincus que l’essentiel de la biodiversité de la planète se trouve dans la mer, dans laquelle vivent jusqu’à 1 000 millions d’espèces. Ils estiment aussi que pour maintenir une telle biodiversité, il conviendrait de protéger rapidement 10 à 15 % des océans qui représentent 70 % de la superficie du globe, en particulier dans les zones proches du littoral où se concentre la biodiversité et où la quasi-totalité des espèces marines se reproduisent.

Ces zones côtières sont en effet soumises à de très nombreuses pressions, d’autant que 60% de la population mondiale vit sur le littoral. Ainsi, sur les 1 300 espèces marines dont l’état a été évalué par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), 400 sont menacées d’extinction : sont concernées la totalité des espèces d’albatros et la plupart des tortues marines, de nombreux dauphins, baleines, phoques ou requins et une centaine de poissons décimée par la surpêche.

La protection des océans : une responsabilité mondiale de la France

Seul pays au monde présent dans les trois grands océans et cumulant ainsi près de 11 millions de km² sous sa juridiction, la France est le deuxième pays maritime au monde, derrière les Etats-Unis. Présente dans cinq des vingt-cinq points chauds de la biodiversité mondiale (Méditerranée, Caraïbes, Océan indien, Nouvelle Calédonie, Polynésie), la France dispose d’un patrimoine naturel marin sans équivalent car d’une extraordinaire diversité et représentativité. Grâce à sa mer, la France est peut-être sans le savoir, au premier rang de la biodiversité mondiale.

Ayant toujours négligé sa maritimité au profit de sa ruralité et n’ayant pas toujours eu conscience de ces enjeux et de ses responsabilités, la France n’a jusqu’à présent classé en aire marine protégée qu’une infime partie de sa superficie maritime. Cependant, depuis quelques années, un véritable tournant s’opère dans la politique de protection de la biodiversité : après avoir longtemps été oubliée, la mer est désormais une priorité pour la France.

La stratégie française en matière de protection des océans

La chute alarmante de la biodiversité a été reconnue mondialement au Sommet de la Terre à Rio en 1992. Dans la lignée des engagements internationaux pris par la France, le gouvernement a adopté en novembre 2007 une Stratégie nationale pour la biodiversité dont l’objectif est de créer un réseau complet, représentatif et cohérent d’aires marines protégées (AMP) sur les océans d’ici 2012. Lors du discours de clôture du Grenelle de la mer en juillet 2009, le Président de la République a par ailleurs affiché l’objectif d’inscrire 20% des eaux sous juridictions françaises en AMP d’ici 2020, dont une part significative en réserves marines.

Cette stratégie s’inscrit dans le prolongement de la loi du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, parcs naturels marins et parcs naturels régionaux, qui identifie six types d’outils (du réglementaire au contractuel) bénéficiant du statut d’aire marine protégée, dont un nouvel outil, le Parc Naturel Marin. Cette loi a également créé l’Agence des Aires Marines Protégées, nouvel établissement public dont le siège est à Brest et qui a pour mission l’appui aux politiques publiques en matière de création et de gestion des aires marines protégées.

La Stratégie nationale pour la biodiversité est déclinée en un Plan d’action mer qui prévoit notamment l’extension en mer du réseau Natura 2000 : ainsi, entre octobre 2008 et juillet 2009, l’Etat français a transmis près de 91 sites à l’Union européenne, classant de ce fait près de 40 % de ses eaux territoriales sous Natura 2000.


calle
calle
calle

BP 71 29730 LE GUILVINEC - Tel : 02.98.58.13.78 -

11 visiteurs en ce moment